peinture huile 80 x 60
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Depuis que la mémoire est,
il danse sur les landes de bruyère
sous le vert profond des forêts
il danse sous les hautes fougères
autour de champignons blanc de lune
danse en discrétion sur les prés
transpirant la rosée des fées.
Il à tant interprété
le rythme entêtant des grillons
des grenouilles croassant sur la mare.
Le korrigan infatigable danseur fou
ce petit être malin
si vif que l’on ne voit
fils de la mère nature
et gardien de ses secrets.
Il est en exil aujourd'hui
dans nos cités de béton
au bord des égouts
aux aguets dans l'écoute
des inaudibles mélodies naturelles.
Morts sont les grillons
enfouis sous la tempête humaine
mortes sont les grenouilles
sous les eaux polluées de la modernité.
Hors des monts
hors des chants connus
poursuivant les traces azurées
des tonnerres migrateurs d'acier
le korrigan fatigué s'est perdu.
Perdu au bout de la terre
face à l’océan
face au miroir de l'incompréhension
ses yeux mouvantes lucioles
contemplent
l’irréel d’un laps de temps
où la mer en murmure si doux
chante une symphonie d'union
pour l'aube aspirant la noire nuit.
Ajusté sur chacune de ses oreilles
un écouteur coquillage
diffuse l'enregistrement originel,
là, dans une immobilité de granit
cerné du soyeux clapotis
qui en froideur cristalline
peint de bleu ses petits mollets,
le dernier korrigan
danse.